Interventions de l’OTAN dans des États européens non membres de l’alliance : deux poids, deux mesures ?

1992 en Bosnie-Herzégovine

L’OTAN avait commencé à intervenir en Bosnie-Herzégovine en février 1992, après que l’alliance eût publié une déclaration exhortant tous les belligérants de la « guerre de Bosnie » à autoriser le déploiement de soldats de la paix des Nations Unies. Bien que principalement politique et symbolique, cette déclaration avait ouvert la voie à des actions ultérieures de l’alliance. Elle s’était progressivement étendue jusqu’à inclure des opérations aériennes à grande échelle et le déploiement d’environ 60 000 soldats dans le cadre de l’opération Joint Endeavour. Cette intervention de l’OTAN en Bosnie-Herzégovine avait pour but déclaré d’établir une paix à long terme pendant et après la guerre de Bosnie.

1999 au Kosovo

Par la suite, l’OTAN avait mené pendant la guerre du Kosovo une campagne de bombardements aériens contre la Serbie, sous le nom d’Opération Allied Force. Les frappes aériennes avaient débuté le 24 mars 1999 et s’étaient poursuivies jusqu’à ce qu’un accord fût conclu conduisant au retrait des forces armées serbes du Kosovo et à la création le 10 juin 1999 de la « Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo » (MINUK). Cette intervention de l’OTAN était provoquée par le nettoyage ethnique sanguinaire des Albanais par la Serbie. À cette fin, les pays de l’OTAN avaient tenté sans succès d’obtenir l’autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU pour une action militaire, car ils s’étaient heurtés au veto de la Chine et de la Russie. L’OTAN avait alors lancé sa campagne sans cette autorisation, en déclarant qu’il s’agissait d’une intervention humanitaire. À noter que la Charte des Nations Unies interdit l’usage de la force, sauf en cas de décision du Conseil de sécurité en vertu du chapitre VII, ou de légitime défense contre une attaque armée, ce qui n’était pas le cas en l’espèce.

Réflexions d’un dangereux huluberlu

Ukraine 2022 : l’OTAN ne veut pas intervenir, l’ONU non plus (veto russe). L’OTAN peut-il intervenir ? En vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, non. Ainsi va la vie… Dommage.

Ils pourraient parler d’autre chose à la télé. Il fait beau, il y a de la neige en montagne, vive les vacances !

« Selon que vous serez puissant ou misérable
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir
. »
Jean de La Fontaine (Les Animaux malades de la peste, 1678)

François MENNERAT

Pénétré depuis mon adolescence de convictions profondes et chargées d’espoir en une Europe unie, souveraine, ouverte, pleinement démocratique et fière de ses valeurs retrouvées et de sa diversité, je milite avec détermination pour l’aboutissement fédéral du projet européen d’intégration. Cet article n’exprime que les opinions de son auteur et n’engage nullement l’association « Europe Unie dans sa Diversité ».

2 commentaires

  1. La différence, c’est qu’à l’époque, la Russie n’avait pas les moyens de nous faire la guerre. M. Poutine s’est donné les moyens de prendre sa revenche.

    1. Oui Jean. Merci de ta réaction pertinente. Mais aujourd’hui, en laissant la Russie, toute membre permanent du conseil de sécurité qu’elle soit, opposer un veto à une résolution dénonçant SA guerre contre l’Ukraine, on tue l’ONU de la même mort qui fut autrefois celle de la Société des Nations. L’OTAN étant de son côté en état de mort cérébrale, comme toutes les alliances sans exception ont toujours été destinées à l’être un jour ou l’autre, il ne reste plus aujourd’hui qu’une option : une Europe souveraine et puissante par elle-même. Tant que l’humanité restera l’humanité, la guerre restera hélas toujours une éventualité à prendre en considération. L’UE doit oser montrer qu’elle n’est ni une guilde de marchands, ni une alliance de circonstance (pléonasme). Le “plus jamais ça” ne dépend pas que de nous.

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