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Coup de blues… Une Europe fédérale, oui ! Une Europe pacifiste, oui ! Mais jusqu’à quel point ?

Ce matin, j’ai mal à mon Europe. J’ai même envie de hurler de douleur. En dépit des mensonges et de la propagande « poutinienne » effrontée, nous savons que les Ukrainiens sont nos amis. Mais sommes-nous leurs amis ? Sommes-nous leurs amis si, sans réagir, nous les voyons et les laissons se faire attaquer sauvagement ? Le mémorandum de Budapest et le partenariat pour la Paix (PPP) de 1994 ont consacré un désarmement drastique de l’Ukraine en échange d’une garantie pour sa sécurité par les puissances occidentales. Et maintenant ?

Il est toujours bon de tenter de résoudre les « crises » en usant de toutes les voies diplomatiques possibles et imaginables. Il fallait le faire, cela a été fait, et c’est bien. Mais il y a un temps pour tout. Et maintenant, qu’allons-nous faire ? Rien. Rien parce qu’une diplomatie sans forces armées n’existe pas. Et parce qu’une diplomatie en morceaux n’a aucun effet. Et l’Union européenne, notre Europe n’a pas de diplomatie, tout en ne disposant pas de forces armées de défense. Donc, nous allons assister à l’invasion et à l’annexion de fait de l’Ukraine. Et nous allons pouvoir nous rassurer et dormir tranquilles parce que Poutine n’osera pas franchir les frontières de l’UE. Et qu’il ne vienne pas à l’idée de ces Ukrainiens d’émigrer chez nous, parce que là, qu’ils prennent garde ! Nous saurions les repousser violemment ! Les citoyens de l’UE sont-ils des lâches, ou leurs élus le sont-ils pour eux ?

Alors maintenant, ça suffit. Cette Europe-là, je n’en veux plus. Au pied du mur, cette ribambelle de petites nations naines ne peut qu’accepter le fait accompli et s’en retourner à son juteux « business ». C’est magnifique de vouloir la paix. Mais on ne la mérite que si l’on s’en donne les moyens. C’est lâche de toujours compter sur les autres pour voler à notre secours. Et nous voyons que c’est inefficace. Les Ukrainiens sont nos voisins, ils sont nos « amis ». Pour autant, l’Ukraine pouvait-elle compter sur nous ? Oui, je sais, c’est compliqué, très compliqué, vraiment très, très compliqué. Jusqu’au moment où, brutalement, cela devient trop simple et même existentiel, simplement parce qu’un dictateur fou en a décidé ainsi.

Nos États « nations » sont des nains et nous devons aujourd’hui tous comprendre que désunis nous ne pesons rien. Ensemble nous pouvons nous faire entendre. Nous faire entendre à condition de le vouloir et d’accepter de nous en donner les moyens. Il n’y a pas d’Europe digne de considération et de respect sans une Fédération européenne. Et il n’y a pas de Fédération européenne, démocratique et souveraine, sans un gouvernement démocratiquement légitime, doté d’une diplomatie efficace et de forces militaires dissuasives. Certes, ce ne peut plus être qu’un objectif à moyen terme, et pour l’Ukraine, ce sera trop tard. Mais il faut y penser maintenant, nous ne pouvons plus, aujourd’hui, nous permettre d’ignorer ce qui se passe en nous contentant de parier que cela ne se reproduira plus.

Mais là, maintenant, que peuvent faire les Européens, eux qui vivent grassement en paix, aux frontières de l’Ukraine ? Nous n’avons pourtant pas été pris par surprise ! Quelles options nos gouvernements fièrement nationaux ont-ils préparées et choisies ? Quand les mettront-ils en œuvre ? J’ai peur. Non, je n’ai pas peur d’une invasion russe, bien sûr. J’ai peur de devoir avoir honte de l’Europe, de mon Europe.

Réveillons-nous !

François MENNERAT

Pénétré depuis mon adolescence de convictions profondes et chargées d’espoir en une Europe unie, souveraine, ouverte, pleinement démocratique et fière de ses valeurs retrouvées et de sa diversité, je milite avec détermination pour l’aboutissement fédéral du projet européen d’intégration. Cet article n’exprime que les opinions de son auteur et n’engage nullement l’association « Europe Unie dans sa Diversité ».

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